[RussEurope-en-Exil] Pourquoi est-il nécessaire de sortir de l’euro si nous voulons regagner des marges de manœuvres économiques et sociales, par Jacques Sapir

Lors de la création de l’euro, on avait fait miroiter aux peuples européens des perspectives radieuses de progrès économique et social comme de plein emploi. Aujourd’hui, la plupart des Français sont conscients de ses effets négatifs sur notre économie depuis de nombreuses années : croissance faible et montée du chômage. La disparition de l’euro est indubitablement une condition nécessaire pour penser le rétablissement économique de la France.
L’Euro engendre des dysfonctionnements de plus en plus importants dans les pays qui l’ont adopté. Ces crises ont de graves conséquences, directes avec le chômage et celui des jeunes en particulier dans les pays d’Europe du Sud, indirectes avec les politiques budgétaires adoptées pour « sauver l’Euro ». L’Euro provoque des crises à répétition entre les pays, les dresse les uns contre les autres, et menace la coopération européenne. L’Euro constitue alors une menace pour l’état d’esprit européen, tel qu’il s’était développé depuis le traité franco-allemand de 1963 et jusqu’à la chute du mur de Berlin.
Ce constat est désormais partagé par de nombreux économistes. Lord Mervyn King, ancien gouverneur de la Bank of England ou Banque Centrale du Royaume-Uni, vient de sortir un livre[1] où il étrille l’Euro. Plusieurs prix Nobel, dont Joseph Stiglitz qui publie un livre entièrement consacré au risque que l’Euro fait peser sur l’Union européenne[2], pensent de même. Des hommes politiques de premier plan comme Oskar Lafontaine (ex dirigeant du SPD et fondateur du parti de la gauche radicale allemande Die Linke)[3], Stefano Fassina, ancien ministre du gouvernement de centre-gauche en Italie[4], ont joint leur voix aux critiques

Qui pose la question d’une sortie de l’euro ?

La question de la sortie de l’euro se pose effectivement du point de vue des marges de manœuvres de l’économie française. On sait que l’euro pénalise fortement la croissance dans notre pays ainsi qu’en Italie, en Espagne, et globalement dans les pays de l’Europe du sud. Il convient de signaler que cette question suscite, depuis ces dernières années, des prises de position de plus en plus radicales d’un certain nombre d’économistes fort en vue, et cela sans compter celle de certains mouvements politiques qu’on les considère comme cohérentes ou pas.Lire la suite

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