{RussEurope en exil} Les difficultés d’Angela Merkel mettent Macron au pied du mur, par Jacques Sapir

Billet Invité

Madame Merkel rencontre, à l’évidence, des difficultés extrêmes pour former un gouvernement. Le Président de la république, qui en Allemagne n’a qu’un rôle honorifique, a enjoint aux différents partis consultés de faire le maximum d’effort pour arriver à un compromis. Le fait qu’il ait dû se livrer à cette déclaration montre bien que l’Allemagne est, aujourd’hui, plongée dans une crise politique profonde. Cette crise a pour origine tant la politique par rapport à l’UE, et à l’Euro menée par Madame Merkel que sa politique à l’égard des « migrants ». Mais, cette crise aura aussi des conséquences importantes hors d’Allemagne. Elle compromet durablement tout le projet du Président Français, M. Emmanuel Macron et va mettre sa politique en porte-à-faux.
L’imbroglio politique allemand
Il faut rappeler quelle est la situation en Allemagne. Les élections législatives se font à la proportionnelle, avec une limite de représentativité de 5%. Normalement, c’est le chef du parti majoritaire, car dans ce système nul parti ne peut avoir de majorité absolue, qui est chargé par le Président de la République de former une coalition. Mme Merkel, dont le parti, ou plus précisément l’alliance de partis, car la CDU (présente en Allemagne du nord et de l’Est) et la CSU (présente surtout en Bavière et dans le sud de l’Allemagne) ne sont pas les mêmes partis, même s’ils sont historiquement alliés depuis des décennies, a remporté les élections avec 31% des voix, a donc été chargée à la fin du mois de septembre de former une coalition.
Son allié précédent, le SPD, a refusé d’en faire partie. Présent dans la précédente coalition, il avait beaucoup souffert de cette dernière. Il était devenu, pour une partie de ses électeurs, illisible. Son score, aux élections du 24 septembre 2017, a été l’un des plus faibles depuis 1948. Il est donc clair qu’il ne veut pas s’allier à nouveau à Mme Merkel, en dépit des pressions qui se multiplient. Les réponses dilatoires de son chef ces derniers jours aux injonctions du Président de la République, lui-même un social-démocrate, montrent bien les réticences des cadres comme des militants.Lire la suite

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