Cinq ans de prison pour la lanceuse d’alerte Reality Winner. Par Amaelle Guiton

Source :Libération, Amaelle Guiton, 24-08-2018
La jeune femme de 26 ans, employée d’un sous-traitant de la NSA, était jugée pour avoir transmis à la presse un rapport classifié sur des tentatives de piratage visant l’infrastructure de vote, et attribuées à la Russie.
Elle est la première lanceuse d’alerte de l’ère Trump jugée au titre de l’Espionage Act, cette loi désormais centenaire utilisée sous Obama pour poursuivre Chelsea Manning, la source des documents confidentiels de l’armée américaine publiés en 2010 par WikiLeaks, et Edward Snowden, l’ancien consultant qui a révélé l’ampleur de la surveillance en ligne pratiquée par la NSA, l’Agence nationale de sécurité américaine. Ce jeudi, Reality Winner, 26 ans, a été condamnée à cinq ans et trois mois de prison par un tribunal d’Augusta (Géorgie) pour avoir transmis à la presse un document classifié sur des tentatives de piratage à l’encontre de l’infrastructure électorale, attribuées à la Russie. Soit «la sentence la plus lourde jamais prononcée contre la source d’un média dans un tribunal fédéral», relève la Freedom of the Press Foundation.

Employée d’un sous-traitant du renseignement

Le 5 juin 2017, le site d’investigation américain The Intercept révélait le contenu d’un rapport confidentiel émanant de la NSA. Daté du mois précédent, ce document expose la manière dont des pirates informatiques ont tenté, à l’approche de l’élection présidentielle de 2016, de subtiliser des identifiants et des mots de passe à des employés de VR Systems, une entreprise de Floride qui fabrique des équipements et logiciels de contrôle des listes d’émargement dans les bureaux de vote. But de la manœuvre : accéder au réseau interne de la société afin d’y trouver des informations permettant, dans un second temps, de piéger des administrations locales en leur expédiant des programmes malveillants camouflés dans des documents Word. Une activité que l’agence américaine attribue en toutes lettres au service de renseignement militaire russe, le GRU, déjà accusé d’avoir piraté le Comité national démocrate (DNC) et le directeur de campagne de Clinton en 2016.Lire la suite

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