Les cueilleurs-pêcheurs-chasseurs sont les enfants de la terre. Ils la parcourent en recueillant partout ce qu'elle leur offre. Ce ne sont pas des conquérants qui la mettent au pillage ; ils ne succombent pas comme eux à la disette et à la violence que leur rapacité engendre. De la manne terrestre découle une satisfaction immédiate en nourriture, en vêtements, en habitats, en techniques, en art culinaire, en tissage, en recherche de la beauté et de l'agrément ; une satisfaction qui ne passe ni par l'argent, ni par l'échange, ni par la tyrannie d'un chef.

La vie des chasseurs-cueilleurs Bochimans

« Les sociétés primitives qui, refoulées par la "civilisation", subsistent dans des contrées arides ou difficiles d'accès sont communistes [...] Ainsi l'U.R.S.S. n'est pas communiste mais les États-Unis d'Amérique l'étaient il y a encore quelques siècles ! Nous n'entendons pas ramener l'humanité à ce stade. [...] Il importe cependant de réhabiliter l'humanité primitive et préhistorique. [...] Du communisme passé au communisme à venir, il y a une profonde différence. D'un côté il y a une société qui utilise son environnement en sachant s'y adapter, de l'autre côté il y a une société fondée sur la transformation continue et en profondeur de cet environnement. Entre ces deux communismes la période des sociétés de classe paraîtra avec un peu de recul une étape douloureuse mais relativement courte de l'histoire humaine. Maigre consolation pour ceux qui continuent d'y être immergés ! » Un monde sans argent : Le Communisme, 1976

Publié par BHÛ sur jeudi 2 mars 2017

Pour les rares cueilleurs-chasseurs survivant aujourd'hui et qui parviennent encore à échapper aux pressions énormes de la civilisation visant à les transformer en esclaves (c'est-à-dire en paysans, en sujets politiques, en salariés), il ne reste que les terres les plus marginales, les lieux isolés non encore revendiqués par l'agriculture et les conurbations.

Les San (connus sous le nom de Bochimans) de l'aride désert du Kalahari, au sud de l'Afrique, travaillent moins et sont moins nombreux à travailler que leurs voisins agriculteurs. De plus, en période de sécheresse, ce sont aux San que les paysans s'adressent pour survivre.

Même si les cueilleurs-chasseurs actuels mangent plus de viande que leurs ancêtres préhistoriques, la nourriture végétale constitue toujours l'essentiel de leur menu dans les régions tropicales et subtropicales. Les San du Kalahari dépendent de la cueillette pour 80 % de leur alimentation. Le régime global des cueilleurs est meilleur que celui des cultivateurs, la disette est très rare et leur état de santé est généralement supérieur, avec beaucoup moins de maladies chroniques.

Source: 
Agora Vox