Justice de classe, démocratie en danger ! Par Jean Daspry

Source : Proche & Moyen-Orient, Jean Daspry, 15-07-2019
Décidément, tout change pour que rien ne change dans le monde nouveau d’Emmanuel Macron. « Étés meurtriers en Macronie » titre Le Point. En juin 2018, nous avons eu droit au feuilleton de l’été (les facéties d’Alexandre Benalla à la Contrescarpe) qui s’est transformé en affaire d’État (nul besoin de s’y attarder)1. En juillet 2019, nous avons droit à un nouvel épisode du feuilleton d’été (deux brillantes décisions de justice concernant, pour l’une, trois proches du président de la République et plusieurs honnêtes citoyens dont le sieur Bernard Tapie, pour l’autre2) qui a tout d’une nouvelle affaire d’État. En prime, la Macronie triomphante nous gratifie d’un nouvel épisode de la moralisation de la vie publique (les dîners fastueux de l’ex-président de l’Assemblée nationale, actuel ministre de l’Écologie, François de Rugy3 et le HLM non occupé durant douze ans par sa directrice de cabinet, la préfette Nicole Klein) qui ne manque pas de sel. C’est le moins que l’on puisse dire !4
Dans cette atmosphère délétère, pour ne pas dire glauque, au moins une bonne nouvelle avec la nomination du nouveau directeur général des affaires politiques et de sécurité du Quai d’Orsay (Philippe Errera). L’un des postes les plus en vue du circuit diplomatique. Emmanuel Macron participe, le 12 juillet 2019 à Cherbourg, au lancement d’un nouveau sous-marin d’attaque, Le Suffren5. Au fil des jours, au fil des heures, nous allons de Charybde en Scylla. Pour couronner le tout, des missiles américains vendus à la France ont été retrouvés près de Tripoli dans une base militaire des troupes du général Haftar, l’homme fort de l’est du pays6. Malgré les démentis de la ministre des armées (l’experte en mensonges sur le Yémen), tout laisse penser que Paris a armé les troupes rebelles, en violation de l’embargo des Nations unies7. En somme, un été dangereux sur la scène nationale, mais aussi sur la scène internationale.
Au début de l’été 2019, deux décisions (l’une émanant du parquet et l’autre d’un tribunal correctionnel) viennent jeter une lumière crue sur le fonctionnement d’une Justice aux ordres du pouvoir politique, toutes choses que nous critiquons dans les démocraties illibérales et autres démocratures. À l’évidence, magistrats du siège et du parquet font partie de la même structure qui a pour nom justice couchée. Ceci en dit long sur l’indépendance et l’impartialité de la justice française par rapport au pouvoir politique quel qu’il soit.
AFFAIRE BENALLA : LES CAPRICES DU PARQUETLire la suite

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