La scie à métaux saoudienne dévoile l’horreur yéménite … Par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 05-11-2018
Il aura fallu qu’une quinzaine de barbouzes saoudiennes découpent un opposant à la scie à métaux pour que nos vieilles « démocraties » découvrent que la guerre du Yémen a fait, vraisemblablement plus de 200 000 morts.
L’historien Isa Blumi de l’université de Stockholm écrit : « La guerre contre le Yémen aujourd’hui est un exemple brutal de la façon dont l’expansion des intérêts capitalistes mondiaux détruit les nations. Cela prend d’abord la forme du néo-libéralisme (souvent innocemment qualifié de mondialisation) et ensuite, au moment où commence l’inévitable effondrement structurel du pays ciblé (avec son inévitable résistance populaire qui mine l’ordre politique), on passe à une forme plus directe de violence. La guerre contre le Yémen a pris la forme la plus violente qui soit. Le pays est totalement assiégé dans l’intention évidente de provoquer une famine qui tuera la population résistante. Les pays attaquants, les États-Unis, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et les Émirats arabes unis, avaient prévu de s’emparer des ressources du Yémen, mais leur guerre d’agression piétine. Ils font maintenant les premiers pas pour y mettre fin… »
Un silence de plomb recouvre cette guerre clandestine depuis 2015 ! Et ce n’est qu’aujourd’hui qu’on peut enfin lire quelques reportages de terrain dans les presses anglosaxonne, allemande, espagnole et même…parisienne. Formidable ! Un problème majeur demeure quant à l’évaluation du nombre des victimes !
Entre le printemps 2015 et juillet 2017, la coalition américano-saoudienne a effectué plus de 90 000 raids aériens sur le Yémen. La plupart d’entre eux se sont accompagnés de bombardements extrêmement meurtriers. Faut-il croire que seulement 10 000 civils ont été tués par toutes ces bombes sans compter l’artillerie lourde, les tireurs d’élite et les attentats suicides ?Lire la suite

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